La composition, mouais !... Je crois que je suis sur le mode
observation et mijotement depuis quelques mois, voire années (enfin, tout au moins pour quelque chose qui me donne envie de le présenter). Je suis une tortue, mais je ne fais la course avec
personne, et je ne m'oblige à pas grand chose. Si une idée me vient et m'emporte vers l'envie de l'écrire et d'en faire une chanson, je ne dis pas non. J'ai essayé de "travailler", c'est à dire
écrire pour produire, ça n'a jamais vraiment été convaincant. Je ne sais pas comment font les écrivains pour se donner un emploi du temps d'écriture quotidienne, ça me bluffe. J'ai passé
peut-être aussi trop de nuits blanches plus jeune, à griffonner passionnément pour me faire la plume, ça a suffi pour m’apercevoir que je n'étais pas un
Prévert ou un Vian. Créer à partir de rien ou de pas grand chose, bah moi je dis chapeau ! Je dis chapeau aux imaginants qui laissent des traces. C'est comme les humoristes qui font un
one-man-show et qui se mettent à une table, seuls ou non, pour écrire des trucs et des situations drôles. J'aurais adoré m'écrire un spectacle. Mais l'humour, pour moi, est plus collé à se qu'on
est en train de vivre et de dire, je le conçois difficilement autrement que spontané. Heureusement pour les spectateurs de théâtres qu'il y a des gens qui ont su délirer à froid, devant une
feuille blanche. Non pas que je ne sache pas faire en m'y mettant vraiment mais je préfère trop l'à propos, la réactivité, qu'elle soit fulgurante ou toute simplette. Et rien que de penser écrire
ne serait-ce qu'une heure de choses marrantes, ça me parait l'Everest... En spectacle vivant, on a ça, ce funambulisme, ces dérapages de bouquetins sur flancs de
montagne. On ne parle pas de boeuf bourguignon,
qui lui gagne à être mangé le lendemain ou surlendemain : "j'ai horreur de faire du réchauffé" (et je fais exprès d'employer une phrase toute faite
pour l'occasion) . Quand je faisais du théâtre amateur, au moins y avait-il un auteur à respecter, une interprétation à peaufiner, et en plus de quelques impros, on y mettait sa patte...Bref tout
ça est un bon prétexte pour ne pas être un artiste de table de travail. Je pense aussi tout simplement que je ne suis pas un créateur dans l'âme. Pour certains, c'est vital, de réaliser. Moi je
me contente de rêver tout en gardant les pieds sur terre. Comme dirait l'autre, je suis un homme "normal"
Quand on me
reproche de ne pas assez créer, je reproche de ne pas assez me comprendre. Il y a d'autres priorités, certainement, au fond de moi, au fond de mes émois. Je viens de lire un article sur une inconnue poitevine qui aide les chômeurs à retrouver un
emploi, elle a dit une chose toute simple, en fin d'interview: "la vie, ce n'est pas réussir, la vie, c'est grandir". Ca me parle. J'espère grandir, même dans mes pics les plus hauts de
fumisterie. Hé hé hé ! Il me semble que j'ai beaucoup parlé de moi, il fallait bien que je fasse une pirouette avec cette dame même pas connue dans ma région. Un petit hommage à l'humilité, de
nos jours, ça fait du bien.