Samedi 4 février 2012 6 04 /02 /Fév /2012 11:54

La composition, mouais !... Je crois que je suis sur le mode observation et mijotement depuis quelques mois, voire années (enfin, tout au moins pour quelque chose qui me donne envie de le présenter). Je suis une tortue, mais je ne fais la course avec personne, et je ne m'oblige à pas grand chose. Si une idée me vient et m'emporte vers l'envie de l'écrire et d'en faire une chanson, je ne dis pas non. J'ai essayé de "travailler", c'est à dire écrire pour produire, ça n'a jamais vraiment été convaincant. Je ne sais pas comment font les écrivains pour se donner un emploi du temps d'écriture quotidienne, ça me bluffe. J'ai passé peut-être aussi trop de nuits blanches plus jeune, à griffonner passionnément pour me faire la plume, ça a suffi pour m’apercevoir que je n'étais pas un Prévert ou un Vian. Créer à partir de rien ou de pas grand chose, bah moi je dis chapeau ! Je dis chapeau aux imaginants qui laissent des traces. C'est comme les humoristes qui font un one-man-show et qui se mettent à une table, seuls ou non, pour écrire des trucs et des situations drôles. J'aurais adoré m'écrire un spectacle. Mais l'humour, pour moi, est plus collé à se qu'on est en train de vivre et de dire, je le conçois difficilement autrement que spontané. Heureusement pour les spectateurs de théâtres qu'il y a des gens qui ont su délirer à froid, devant une feuille blanche. Non pas que je ne sache pas faire en m'y mettant vraiment mais je préfère trop l'à propos, la réactivité, qu'elle soit fulgurante ou toute simplette. Et rien que de penser écrire ne serait-ce qu'une heure de choses marrantes, ça me parait l'Everest... En spectacle vivant, on a ça, ce funambulisme, ces dérapages de bouquetins sur flancs de montagne. On ne parle pas de boeuf bourguignon, qui lui gagne à être mangé le lendemain ou surlendemain : "j'ai horreur de faire du réchauffé" (et je fais exprès d'employer une phrase toute faite pour l'occasion) . Quand je faisais du théâtre amateur, au moins y avait-il un auteur à respecter, une interprétation à peaufiner, et en plus de quelques impros, on y mettait sa patte...Bref tout ça est un bon prétexte pour ne pas être un artiste de table de travail. Je pense aussi tout simplement que je ne suis pas un créateur dans l'âme. Pour certains, c'est vital, de réaliser. Moi je me contente de rêver tout en gardant les pieds sur terre. Comme dirait l'autre, je suis un homme "normal" ;) Clin d’œil Quand on me reproche de ne pas assez créer, je reproche de ne pas assez me comprendre. Il y a d'autres priorités, certainement, au fond de moi, au fond de mes émois. Je viens de lire un article sur une inconnue poitevine qui aide les chômeurs à retrouver un emploi, elle a dit une chose toute simple, en fin d'interview: "la vie, ce n'est pas réussir, la vie, c'est grandir". Ca me parle. J'espère grandir, même dans mes pics les plus hauts de fumisterie. Hé hé hé ! Il me semble que j'ai beaucoup parlé de moi, il fallait bien que je fasse une pirouette avec cette dame même pas connue dans ma région. Un petit hommage à l'humilité, de nos jours, ça fait du bien.

Par GUARDIOLA - Publié dans : Ecriture
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 22:52

 

Je me lève en pleine nuit pour parler de ma voix. Et je baille aussi muettement que j'écris. J'aurais choisi la voie du silence si je n'avais rien promis. Mais il y a un hic (ou plutôt un "x" comme dans "voix",  comme dans "larynx") : le hic, c'est que je l'ai promis, cet essai d'écrire ma voix ! Pourtant, avez-vous déjà entendu un aveugle parler de ce qu'il voit ("voit" avec un "t", avec ses yeux qui ont aussi cet "x" )?! 

Comment parler de cet élément élémentaire alors qu'elle se ferait plutôt élément taire, cette voix. Qu'elle tairait ce qu'elle est. C'est dans l'élément terre que j'ai plutôt envie de l'enfouir, oui, pour l'occasion !... Comme un trésor ? Je ne sais si elle est précieuse à ce point mais je le crois. Ce que je sais, c'est que si par malheur j'étais aveugle des cordes vocales, elles qui me nourrissent, je n'aurais pas perdu que ma voix dans l'affaire, voix élément alimentaire, pour le coup. Sans elle, j'aurais l'impression d'être amputé d'un sacré morceau de moi, ça c'est clair. Que de compensations désespérées se mettraient en route, alors, j'imagine ! J'aurais tant de choses à ne plus dire, à ne plus chanter, que j'en aurais l'âme débordante au point d'en étouffer. Je n'aurais que les signes de la main et des claquements de langue, quel écart, quelle différence cruelle !

Plus que triste de rester sans voix, je serais très malheureux. Avec un "x" au bout du chemin de ce mot "malheureux". Un "x", cette "croix", mot qui en a aussi un et qui peut aussi bien être planté au bout de "heureux" qu'au bout de son contraire...Tout ces "x" redondants sans doute pour dire que de parler de ma voix est une équation à une inconnue...Ce que je sais, c'est que ma voix a été véhicule du meilleure comme du pire. De jolis et de moches sons, de jolies et de moches paroles, véhicule de vérités et de mensonges, parfois....

Me revient à l'esprit un directeur d'établissement qui avait utilisé ma sono pour un discours de voeux et qui, s'entendant dans le retour de scène, avait grommelé sourcils froncés: "c'est très désagréable !". Tout était bien réglé, puissance, clarté, pourtant. C'est juste que la propre voix de ce monsieur l'insupportait, qu'il n'en avait pas l'habitude...

La mienne, de voix, je l'ai détesté en l'entendant pour la première fois sur une vieille cassette audio, il y a bien longtemps. Je ne voulais peut-être pas qu'elle ressemble à la voix d'un frère ou d'un père, alors que j'aimais bien leurs voix à eux, je ne sais. Je ne crois pas que c'était vraiment de la détestation, en fait. Peut-être une gêne, une pudeur vis-à-vis de moi-même, une vexation qu'elle ne soit pas plus que ce que j'entendais là, à ce moment-là, quelque soit la qualité du son. 

Je pense que l'amour-propre de sa voix est une chose délicate. Je ne m'écoute pas parler, mais si je dis une énormité, que je pique une colère, ma voix me revient salie, comme un boomerang. Dommage de mal se servir de cet instrument, "la voix humaine". Je trouve que "dire" en parlant ou en chantant est tellement jouissif, parfois. Ca vibre de bonheur quasiment des pieds à la tête même en ne faisant que "la la la". Ma voix est une sacrée matière première à respecter et je ne le sais pas. Ma voix a des pouvoirs et je les oublie. Ma voix est donc une putain de chance d'instrument magique que mon cerveau et mes humeurs peuvent gâcher trop souvent. Je devrais dire "nos voix", à chaque fois, "nos voix humaines". Mais bon, je dois parler de la mienne. Cette inconnue s'amuse à mettre des années à se présenter à moi, je pense, la coquine ! Je trouve que je ne commence qu'aujourd'hui à m'y faire, à l'apprivoiser un peu. Je m'en rends compte surtout dans le cas où elle me revient aux oreilles par je ne sais quel haut-parleur et que j'ai des restes de cette aversion qu'avait le monsieur plus haut et que j'ai eu aussi jadis. Il paraît qu'elle est agréable à l'oreille (les compliments m'en ont un peu convaincu). Ca fait plaisir d'entendre d'autres jolies voix dire cela.

 Mais j'arrête là, je sens que je vais être vaniteux, prétentieux, pompeux...avec plein de "x" en bout de voie. J'en aurais des remords, d'être vantard. Ca m'opresserait le thorax et ma voix deviendrait sourde, coinçée quelque part, dans un gouffre, toute petite, indélogeable, comme ça m'est arrivé x fois. Elle n'aime pas trop que je me racle la gorge et que je tousse, en plus. D'ailleurs, elle préfère être un atout qu'une toux, (encore un "x" mal tombé, hé hé hé!)... 

Ma foi, ma voix, je ne vois pas ce qu'en dirait ma voix. L'aveugle ne voit ni du rien ni du noir, je pense qu'il n'aurait pas de mots pour décrire sa vue, même s'il n'était pas muet, de surcroît. Ma plume a effleuré le voile de ma voix, c'est tout ce qu'elle a pu faire de cette inconnue ni vraiment farouche ni vraiment accessible.

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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 14:19

Le lait des chats, Charles Guérin, recueil Les Joies grises, 1894.


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Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 13:25

 De deux choses lune... mais il faut les terres pour le moment.
 

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Au bon soin des saules pleurnicheurs seuls
Mais aussi à celle, lasse, lissant ses cils sales, saoule en sous-sol, sans le sou: Lucile.
Et la musique, si elle n'était pas là,
Si elle n'était pas ci,
Si elle n'était pas d'eau,
Si elle n'était parée,
Si elle n'était pas mie,
Si elle n'était paf! ah!,
Si elle n'était pas soul, soule, sole, fais-je...
-Ah bah ut, alors, qu'on nait cons,
Me répond à deux mi voix dans mon dos Dodo,
Tarés on !
(pfff, ces gens qui parlent avec leur propre orthographe!)


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Il semblerait qu'aujourd'hui la vraie modestie passe pour un manque de confiance en soi, comme si on voulait encourager les humbles à être plein de vanité, mégalomanes, et comme pour imiter la société humaine qui l'est vis à vis de la planète, de l'univers.
 

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Les papillons aux rivières de mon adrénaline.
 

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Petits gris bavants collés d'amour.
 

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 I think chaud, garce divine, que c'est trop de la belle balle!
 

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Le moindre corbeau qui croasse à proximité m'augurerait le pire mais je préfère croire qu'il me parle simplement de la pluie et du beau temps.
 

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Comme un nid de merlette au ciel.
 

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Il y a des mystères qui sont autant dépourvus d'âme qu'une belle maison toute neuve. Des mystères qui se prennent pour des outils de séduction et qui feraient ni chaud ni froid aux vaches du pré d'à côté.
 

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Si vous avez la lune entre deux bains de siège, vous voyagez mal.

Par GUARDIOLA - Publié dans : Ecriture - Communauté : Humeurs
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 10:10
Par GUARDIOLA
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