Mardi 24 mars 2009
Nous choisirons un film bien ennuyeux parmi les moins digestes....Je vous proposerais peut-être aussi l'ennui d'une balade en forêt, en espérant qu'il
pleuve, et plutôt le lundi, pour être bien seuls tous les deux parmi les arbres dont on ne remarquera même pas la renaissance des feuilles. Les papillons, qu'ils aillent se faire foutre! Qu'ils
en profitent bien de leurs obscénités, d'ailleurs, puisqu'ils meurent déjà après quelques heures d'existence, les pauvres petits cons! Ainsi, la forêt le lundi hors vacances, sans cris ni
rires d'enfants, la forêt sans aboiements de chiens, la forêt sans vélos qui vous frôlent en faisant un pouët! sera encore plus triste. Vous verrez que le concept de la promenade où il ne se
passe rien est interessant. Et si, avec un effort surhumain de tendresse, je veux vous voler ne serait-ce qu'un baiser en pleine nature, refusez-le, et vous verrez alors toute la splendeur de
l'indifférence qui assombrira encore plus mon visage. Vous connaîtrez le lugubre du muet de tout désir, le désir sexuel y compris. Pas d'inquiétude!... Nous rentrerons pire que des
quatrième âge en roulant en deuxième avec ma voiture blanche qui elle même passera du blanc au noir, puisque notre esprit malheureux aura deteint sur sa carosserie...En dehors de ça, vous aurez
le canapé en bas, et vous dormirez le plus possible tandis que moi je ferai l'internaute en allant sur des sites très sordides. Je dormirai dans le lit du haut. Parfois, nous mangerons peut-être
ensemble sans un mot (puisque nous ferons tout sans un mot). Le menu? De la merde! Vous êtes difficile et vous n'aimez pas?: Des cailloux!!! Rien d'autre! J'aurais du rouge. Du qui
pique... Un séjour de cette morosité, chère amie, voilà ce que je vous propose pour cette cure en mon pays! Ah oui, j'oubliais: connaissez-vous la chanson Les vieux, de Brel. Si non,
vous pourriez l'apprendre et vous me la chanteriez en boucle et malgré la beauté dramatique de ce morceau, nous n'en sentirons que la profondeur du drame, nous pourrons en
déguster le cru, et ces images de cette réalité que nous vivrons dans quelques années séparement, il n'y a aucun doute. Vous me laisserez un peu de place, quelques minutes, quand même,
pour que je vous chante Il n'y a pas d'amour heureux...Voilà! Vous repartirez aux anges (enfin avec les anges qui se penchent sur les desespérés, évidemment!). Pas d'inquiétude, chère amie! Je
vous embrasse...Ah non, je ne vous embrasse pas. Simple entraînement.
Par GUARDIOLA
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Publié dans : Ecriture
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